:: Testimonials ::

 

L'indifférence à l’égard de l’animal

 

Mes voyages en Grèce furent parsemés d’intenses moments d’émotion esthétique, mais traversés aussi par des images fulgurantes de ce que peut être la cruauté et l’indifférence à l’égard de l’animal.

 

J’ai eu l’occasion unique d’admirer dans le Nord de la Grèce sur la cîme d’une colline, un troupeau de chevaux sauvages qui s’envolaient litttéralement vers leur liberté tant appréciée. Je galopais encore avec eux dans mes pensées lorsque la triste réalité me ramena sur terre. Quelques étages plus bas, à flanc de coteau,un misérable cheval peinait pour brouter les quelques brins d’herbe verts dédaignés d’un été torride.Il sautillait le pauvre animal pour pouvoir se déplacer de quelques centimètres victorieusement conquis sur ses liens.Un petit malin lui avait entravé les pattes de devant et les pattes arrière avec de la corde afin nous dit-on plus tard de l’empêcher de vagabonder. Depuis, j’ai vu dans toutes les montagnes et les collines de Grèce des chevaux, des ânes, des chèvres entravés de cette façon.

C’est vrai, mon affection pour les petîts ânes me porte à vous dire que bien souvent on les frappait d’une manière brutale pour les faire avancer avec une charge trop lourde.Même certains Grecs étaient scandalisés.

 

En abordant le sujet du sort de nos compagnons les plus chers, les chiens et les chats, des souvenirs assez cruels me sont restés en mémoire pour ne plus avoir envie de retourner dans ce magnifique pays.

 

J’ai commencé mon apprentissage en voyant de grands chiens écrasés par des voitures ou des camions dans les montagnes du Péloponèse.Lorsque je fis part de mon état d’âme à un montagnard de l’endroit, il me répondit que c’était les chiens des bergers, mais qu’ils en trouveraient bien d’autres. On remplace un objet cassé, c’est tout.Des chiens errants, j’en ai vu partout, avec quatre pattes, avec trois pattes, avec deux pattes et demie.Tout cela vagabonde aux risques évident de se faire attraper par un véhicule, afin de trouver quelque morceau de nourriture.A part quelques personnes compatissantes, personne ne s’occupe d’eux si ce n’est pour leur lancer des pierres.Voilà une façon très moderne de prendre en mains le problème de l’errance des animaux de compagnie.

 

Mais l’île de Rhodes fut pour moi le point crucial de notre voyage. Loin de la pollution touristique, une île de lumière et de beauté, en apparence, mais en fait grouillante de cruauté et d’indifférece pour les animaux. Je n’avais pas mis deux pieds dans la vieille ville de Rhôdes que je trébuchais sur le cadavre desséché d’un chat étalé sur les marches d’une rue toute en descente.Déjà choquée, mon mari m’attirais vers autre côté afin de me changer les idées. Un peu plus loin des enfants jouaient avec le cadavre desséché d’un autre chat, sans tête celui-là.Si nous voulions continuer notre voyage d’une manière agréable il fallait que je me sorte de la tête ces images choquantes , mais je me faisais quand même la remarque que pour changer cette indifférence, il fallait instaurer dans les écoles grecques un programme reprenant le respect de la vie et de la mort sous toutes ses formes

 

Lors d’une excursion au très beau village de Petaloudes, après avoir pris une collation , nous fîmes une randonnée dans la campagne avoisinante.Comme j’ai l’art de remarquer l’insupportable, je vis à l’orée d’un petit bois chacun dans son trou , chacun sous son arbre, trois chiots Labrador, endormis dans les bras de la mort. Quelqu’un les avait apportés là et ne les avait pas recouverts.En revenant vers la quinguette où nous avions pris notre en-cas, je vis une chienne Labrador lourde de mamelles encore remplies de lait et d’un bien lourd secret.

 

Un jour, en nous promenant le long de la plage pour tâcher d’apercevoir les montagnes bleues de la Turquie,nous entendions les cris déchirants d’un chaton.Il était là attendrissant dans sa couleur blanche, affamé et plein de puces. Il était là abandonné sur une plage déserte, vivante accusation d’un monde plus qu’indifférent, cruel à tout dire.La suite de l’histoire me permet de l’affirmer. La petite boule de poils dans les mains, car nous l’avons adopté, nous parcourions encore quelques dizaines de mètres de plage lorsqu’un homme nous accosta pour nous demander ce que nous comptions faire de ce chat. Puis incrédule, il nous confia d’un air provoquant qu’à Rhodes on remplissait régulièrement des sacs à patates avec des chats et puis qu’on balançait le tout du haut d’un rocher dans la mer. Je me suis tout de même défoulée en lui disant que c’était des barbares.

 

Epilogue de l’histoire : nous avons passé en fraude notre petit chat Cé-Cè à travers plusieurs pays avant qu’il ne puisse jouir d’une vie paradisiaque auprès de nous. Avec quelques amis très chers, c’est tout ce qu’il nous reste d’un pays merveilleux de lumière, peut-être un peu trop de lumière qui cache quelques points d’ombre. Non, nous ne sommes plus retournés en Grèce.

 

Suzy Votion, APMA